Protection du littoral et des posidonies
MISSION NATURE : Impulser la restauration de la posidonie grâce à la mobilisation de tous
Grâce à l’initiative Mission Nature, la commune déploie des actions pour inverser le déclin de la posidonie et construire une cohabitation durable entre les loisirs et la préservation des fonds marins.
La commune de Casaglione est mobilisée au côté du WWF France pour le rétablissement de l’herbier de posidonie, le poumon de la Méditerranée.
Depuis octobre 2023, MISSION NATURE, le jeu à gratter de la Française des Jeux (FDJ) lancé en partenariat avec l’Office français de la biodiversité (OFB), donne la possibilité de soutenir des projets concrets et ambitieux de restauration de la biodiversité. C’est dans le cadre MISSION NATURE que le projet du WWF France, de restauration des herbiers de posidonie, a été retenu. Soutenu par l’OFB, le projet permet notamment d’appuyer des collectivités locales comme la commune de Casaglione qui participe depuis 2024 à travers des actions sur son territoire.
Le projet en bref
L’herbier de Posidonie, poumon endémique de la Méditerranée, a perdu entre 10 et 30% de sa surface en un siècle. Il subit à la fois l’impact des ancres des bateaux de plaisance, les corps morts utilisés pour la pose du balisage de la bande littorale des 300 mètres et des macrodéchets encombrants.
Le projet vise la restauration passive de la Posidonie dans la bande littorale des 300 mètres sous la responsabilité de la commune de Casaglione. L’opération consiste à réduire ou supprimer les sources de dégradation d’habitats naturels (les pressions) pour que les organismes vivants puissent de nouveau se développer.
Le projet apporte un appui aux communes désireuses de mettre en place d’actions de gestion des habitats marins dans leur périmètre, avec notamment :
- le financement de la conversion du balisage côtier existant en balisage écologique, respectueux des fonds marins,
- la réduction de la pression exercée par les équipements illicites en mer et les encombrants sous l’eau en préfigurant des opérations de nettoyage intensif des fonds,
- l’évaluation des activités humaines pour mieux adapter les usages en mer en cohérence avec la protection de cet écosystème fragile.
Une plante aux multiples vertus
Les herbiers de posidonie jouent un rôle écologique majeur : ils produisent de l’oxygène (jusqu’à 14 litres par m² et par jour) et séquestrent le carbone, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique. Ces herbiers s’imposent comme un des puits de carbone les plus efficaces à l’hectare : ils séquestrent jusqu’à 5 à 8 fois plus de CO2 qu’une forêt tropicale. En Corse, la posidonie absorbe à elle seule 15 % des émissions annuelles de l’île.
De plus, ils protègent les plages de l’érosion en stabilisant les fonds marins et en atténuant la force des vagues. Enfin, ils filtrent l’eau, améliorant sa transparence.
La valorisation des services écosystémiques rendus par l’herbier amène à une estimation d’environ 100 000 euros par ha et par an, un montant comparable aux récifs coralliens. Pour toutes ces raisons, les herbiers de posidonie constituent le pilier des écosystèmes côtiers de la Méditerranée.
Mais une espèce fragile
La posidonie peut vivre plusieurs milliers d’années mais sa croissance est extrêmement lente, d’environ 1 cm par an. Cette lenteur rend sa régénération particulièrement difficile en cas de dégradation. Bien qu’elle ait survécu à des conditions climatiques extrêmes depuis des millions d’années, elle est aujourd’hui menacée par les activités humaines.
La posidonie est protégée en France depuis 1988. Malgré cela, elle a déjà perdu une part significative de sa surface en Méditerranée française.
Préserver l’herbier, c’est préserver la biodiversité marine… et les équilibres précieux pour la Méditerranée.

Un écosystème menacé
Les ancres de bateaux : des destructeurs invisibles
L’un des impacts les plus destructeurs provient des ancrages de bateaux de plaisance. Lorsqu’une ancre est mouillée dans un herbier, elle arrache les feuilles et les rhizomes. Mais le plus dommageable reste le raclement de la chaîne, qui dégrade le fond marin à chaque mouvement du bateau et créer des dommages parfois irréversibles.
Des bouées qui laissent des cicatrices
Paradoxalement, les bouées de balisage, installées dans la bande des 300 mètres pour la sécurité de la navigation, des usages et des loisirs nautiques, peuvent faire des ravages. Beaucoup reposent en effet sur des corps morts en béton ou en fer, lourds et abrasifs, accrochés par des chaînes. Ces dispositifs, lorsqu’ils ne sont pas écoconçus, causent des impacts directs sur les herbiers (en les écrasant) et des dommages prolongés par le ragage des chaînes, qui lacèrent le tapis végétal.
Par exemple, en Provence Alpes Côte d’Azur, plus de 1 000 dispositifs implantés dans l’herbier ne sont pas écoconçus. Leur impact est estimé entre 5 et 10 m2 par unité, soit jusqu’à 10 000 m² d’herbiers chaque année pour cette région uniquement.
Macrodéchets : des intrus qui étouffent la mer
Le fond de la mer est parfois encombré de déchets tels que des pneus, parpaings, blocs de béton, ancres artisanales… Ces déchets, résultant de pollutions accidentelles ou issus d’aménagements illégaux ou abandonnés, étouffent littéralement la posidonie. Ils empêchent la croissance des feuilles, la floraison, le développement des rhizomes. Leurs conséquences néfastes peuvent s’aggraver en cas de dérive de ces objets par la houle.
Or une zone abîmée aujourd’hui peut mettre des décennies à se reconstituer, voire ne jamais se régénérer si les pressions persistent.
La protection des herbiers de Posidonie : une responsabilité partagée dans notre commune
Sur le territoire communal, plusieurs dizaines de mètres carrés d’herbier ont disparu. L’enjeu aujourd’hui est de compter sur la résilience naturelle de l’herbier, en le laissant se régénérer une fois les pressions levées.
Le projet Mission Nature vise à garantir une protection renforcée des herbiers sur l’ensemble de la bande des 300 mètres afin de créer les conditions nécessaires à leur régénération naturelle.
Cartographie des herbiers de posidonie sur la commune, les trous observé dans l’étendue verte représentant les herbiers peuvent s’expliquer par les corps morts utilisés pour le mouillage des navires et l’ancrage.
Zoom sur le balisage : indispensable mais à faire évoluer
La préservation des herbiers de Posidonie concerne l’ensemble des usagers du littoral. La mer est un bien commun, à condition que chacun respecte les règles établies pour garantir la sécurité et la préservation des milieux naturels.
Les règles de gestion des usages sont matérialisées par le balisage de la bande littorale des 300 mètres. S’il garantit la sécurité des pratiquants, ce balisage joue également un rôle crucial dans la protection des herbiers : il délimite les zones interdites à l’ancrage et au piétinement. En dehors de ces zones protégées, les herbiers restent exposés à la négligence de certains usagers. Or, toute dégradation – même minime – peut entraîner une perte irréversible à l’échelle humaine.
La plupart des sites de mouillage de navires ayant lieu dans les 300 m de la côte, l’adaptation des plans de balisage est un outil pertinent pour restaurer l’herbier de Posidonies présent dans la bande des 300 m. Le balisage étant encore parfois équipé de systèmes de corps morts qui dégradent le milieu, il s’agit de convertir les anciens systèmes par des dispositifs de moindre impact, dits écologiques.
La commune se dote donc de balises écologiques en remplacement des corps morts en béton. Elle s’engage à financer la maintenance du balisage une fois convertie par des dispositifs écologiques.
Zoom sur la sensibilisation
Une campagne d’information et sensibilisation est mise en œuvre sur la commune passant par plusieurs actions dont l’implantation de panneaux de sensibilisation, au plus près du rivage.
La campagne donne à voir les herbiers de Posidonie en mettant l’accent sur la richesse de la biodiversité qu’ils accueillent.






